Pigistes: 10 règles pour mieux travailler de la maison

Vous êtes travailleur indépendant et vous avez décidé de travailler de la maison plutôt que dans un espace de coworking ou plutôt que vous louez un petit bureau. Ce choix présente de nombreux avantages. Parmi ceux-ci, un gain de flexibilité et une économie qui peut être substantielle. Par contre, ce choix ne va pas sans quelques embûches importantes que plusieurs pigistes n’arrivent pas à surmonter. Par exemple: l’isolement, le mélange entre vie professionnelle et vie personnelle, de la difficulté à maintenir sa motivation et sa concentration. Lorsqu’on est seul à générer la totalité de nos revenus, il est primordial que le temps de travail soit de qualité sous peine d’avoir un impact majeur sur ses conditions de vie et celles de la famille. Ce qui n’est pas votre souhait.

Dans un sondage relaté voilà quelques mois par le journal Les Affaires sur la difficulté de travailleur de la maison, on identifiait 5 grandes causes de distractions :

  • – les proches et les enfants qui ont besoin d’attention (49 % des télétravailleurs);
  • – aucun accès à un équipement du bureau adéquat (46 %);
  • – l’appel des tâches ménagères (34 %);
  • – la télévision que l’on veut garder allumée pour avoir de la compagnie (34 %);
  • – l’absence d’un espace de travail adapté (34 %).

Il y a par contre des règles à mettre en place, surtout si vous éprouvez de la difficulté à rester concentré sur votre travail. Nous vous en proposons 10.

1) Comprendre pourquoi vous travaillez à la maison.

Pour un travailleur autonome, ce ne sont pas les options qui manquent aujourd’hui: espaces de coworking, centres d’affaires, bureau loué, la maison, etc. Il est même possible de se fabriquer un mix nomade en alternant bibliothèque publique, cafés, maison, clients et coworking.

Mais si vous faites le choix d’être à la maison la majeure partie de votre temps, il est essentiel de bien identifier les raisons qui motivent votre choix. Que ce soit pour des raisons financières, familiales ou simplement fonctionnelles, assurez-vous que votre choix répond bien aux objectifs que vous cherchez à atteindre et ne devienne pas un fardeau supplémentaire à votre charge de travail. De même, si les objectifs ne sont pas atteints ou si vos conditions professionnelles viennent à changer, vous devriez revoir votre choix de travailler à la maison.

Être pigiste n’est plus synonyme de travail à la maison. Pour affronter les difficultés de ce choix au quotidien, assurez-vous de bien vous connaître et de bien connaître sur quoi se base cette préférence.

2) Un environnement de travail adéquat.

Parmi les plus grands avantages de travailler à domicile, il y a cette possibilité de créer son propre environnement de travail; un environnement qui vous inspirera, qui vous aidera à vous concentrer. Vous n’avez tout de même pas choisi de sortir de ces grands espaces de travail formatés sans âme pour vous retrouver dans un espace bancal?

Il n’y a pas deux personnes qui travaillent de la même façon ni qui aménageront leur espace pareillement. C’est le temps de prendre le temps de trouver ce qui vous inspire; ce que jamais votre ancien cubicule du centre-ville ne vous aurait permis de faire. Si la lumière vous aide, alors installez-vous dans une pièce qui vous permettra de suivre les couleurs de la journée par la fenêtre. Si le casque d’écoute vous aide à garder le focus, pourquoi s’en priver?

L’important c’est de bien prendre le temps pour créer l’environnement qui rendra votre travail confortable, efficace et limitera les distractions.

Si certains sont capables de se contenter d’un canapé, il est probable qu’à long terme, la majorité opteront pour un espace dédié, avec un plan de travail dégagé, ordinateur, classeur, imprimante, crayons, bloc-note et câble de recharge du téléphone. Un espace dédié qui n’entrera pas en conflit avec les membres de votre famille (ou vos co-locataires).

Prenez le temps de bien créer cet espace de travail, vous y passerez beaucoup de temps. La qualité de votre vie de travailleur autonome en dépendra.

3) S’imposer un horaire de travail

Être travailleur autonome, c’est apprendre à devenir son propre patron. Vous êtes celui (ou celle) qui vous demande des comptes, qui vous rappelle à l’ordre, qui vous dit que ce serait le temps de s’installer, qui vous demande où en sont les échéanciers.

Mais le travail à domicile est rempli de pièges. Autant il est facile de se laisser aspirer par une infinité de petites tâches domestiques alors qu’on devrait être au boulot, autant il est tout aussi facile de poursuivre indûment sa journée de travail alors que la vie de famille devrait avoir repris ses droits.

Lorsqu’on commence à travailler à la maison, il faut rapidement trouver un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle. Vous devrez vous créer une bulle professionnelle forte, et l’assumer sans culpabilité. Vous n’avez pas à vous sentir coupable de la vaisselle qui traîne dans la cuisine si vous avez à travailler dans la pièce d’à côté. Pas plus que cette vaisselle ne vous dérangerait si vous étiez dans un bureau à l’extérieur de la maison.

Si vous demandez à votre famille de respecter le fait que vous travaillez à la maison, vous devez respecter ce même engagement envers vous-mêmes avec tout autant de fermeté. Aucune culpabilité à séparer vie personnelle et vie professionnelle.

Saviez-vous que plusieurs travailleurs autonomes quittent la maison chaque matin pour un tour du bloc, juste pour se donner le feeling qu’ils partent au bureau. D’ailleurs le matin, les cours d’école sont remplis de parents qui vont conduire leurs enfants pour marquer le début de leur propre journée de travail. Posez la question autour de vous; vous serez surpris!

Faites-vous une routine de travail qui ciblera l’heure où vous devriez être installé à votre table de travail, qui fixera l’horaire général de la journée, le moment de vos pauses, qui prévoira à quel moment faire vos courses et les autres tâches domestiques que vous souhaitez faire. Avec cet horaire type, il sera plus facile de garder le cap.

4) Avoir les bons outils technologiques et développer la compétence technique

Lorsqu’on travaille dans une entreprise le moindrement bien organisée, les outils technologiques ne sont pas un souci. Et lorsqu’ils le deviennent, quelqu’un dans la boîte vient vous dépanner, on change votre appareil défectueux, on vous forme sur ce nouveau logiciel à connaître, on vous connecte sur la nouvelle imprimante, on reconfigure votre connexion internet, on s’assure que votre backup est bien fait et bien conservé. Si ce n’est pas l’entreprise qui s’en occupe, il y aura souvent un collègue pour vous dépanner.

Mais comme travailleur autonome, cette compétence est dorénavant votre entière responsabilité.

Identifiez les compétences qui sont essentielles pour le fonctionnement de votre micro-entreprise et prévoyez les façons de prévenir les désastres. Vous pouvez suivre des cours, vous abonner à des webinaires, vous assurer que votre réseau professionnel peut vous aider en cas de besoin, que vous avez la liquidité financière si vous devez remplacer votre ordinateur de toute urgence.

Les outils technologiques sont nos meilleurs alliés. Ce sont eux qui nous permettent d’effectuer un travail de qualité et d’être efficace de la maison. Seul on peut grâce à eux réaliser des mandats qui voilà quelques années auraient nécessité des équipes plus nombreuses. Ne négligez pas de développer ces compétences. C’est le meilleur moyen de ne plus en être dépendant.

5 ) Contacts, réseaux et connexion.

Il n’est sans doute pas utile de répéter combien avoir un excellent réseau de contacts, participer à des activités de réseautage d’affaires et bien entretenir ses réseaux sociaux est essentiel pour le développement des affaires de tout professionnel indépendant. C’est la puissance avec laquelle votre réputation pourra surfer à travers vos différents réseaux qui assurera l’a consolidation de votre clientèle. Donc, pas besoin de le répéter, ça vous le savez déjà très bien.

Ce que vous savez peut-être moins, c’est que votre réseau pourra aussi vous aider quotidiennement à réduire le poids de l’isolement, en plus de vous aider de mille façons en étant une source inépuisable de soutien pour faire votre travail. En entretenant votre réseau, en maintenant des contacts réguliers avec les personnes qui comptent, en aidant vos amis professionnels et en ayant une présence dynamique sur les médias sociaux, votre réseau de contacts sera toujours présent en cas de besoin.

Mais attention, qui dit entretenir ne dit pas s’y perdre.

6) Évitez les distractions

On a abordé la question voilà à peine quelques jours. Vous pouvez retourner lire le billet sur la technique Pomodoro.

Il est difficile comme travailleur autonome de rester concentré. Généralement parce qu’on organise mal son temps. Il existe de nombreuses techniques et outils pour vous aider à mieux structurer votre activité et vous rendre plus efficace. Des techniques vous aideront a mieux gérer votre temps afin d’alterner votre précieux temps d’efficacité et le temps où il serait nettement mieux pour vous de passer à autre chose.

On doit aussi s’aider en minimisant les sollicitations externes inutiles qui ne sont souvent là que par mauvaises habitudes ou pour combattre (encore une fois) le sentiment d’isolement (radio, télé, médias sociaux, abus de téléphone, démultiplication des tâches domestiques, etc.).

En organisant mieux son temps, en alternant pauses et périodes de haute concentration, vous serez sans doute plus efficace qu’en multipliant les artifices autour de vous qui ne feront que solliciter votre attention.

7) Accordez-vous des pauses

Des pauses après vos périodes de haute concentration, des pauses récompenses après vos échéances ou la fin de certaines étapes, des pauses sociales avec amis et collègues bien placées dans votre agenda, des pauses médias sociaux pour vous changer les idées. Des pauses méditations pour vous apaiser ou pour gérer stress et anxiété.

Bien dosé, cet apport vous rendra plus efficace durant vos périodes d’activités. Une tête détendue aura plus de facilité à se concentrer sur l’essentiel, alors qu’une tête fatiguée et stressée se laissera distraire par le moindre bruit ou la moindre alerte téléphonique.

8) Donner les limites à son entourage

Vous avez des enfants, un conjoint ou une conjointe, des colocs, des amis, de la famille? Apprenez-leur à respecter votre territoire et vos horaires de travail. Oui, bien sûr, vous devez faire le tout avec souplesse, mais n’oubliez pas que si vous acceptez que votre entourage pénètre trop facilement votre bulle de concentration, vous ne ferez qu’étirer vos heures de travail et vos échéanciers. Ce que ni vous ni vos clients ne voulez.

Amis, famille, colocs, conjoint doivent s’adapter comme ils s’adapteraient à votre absence si vous étiez dans un espace de coworking ou si vous étiez en entreprise.

Pour les enfants, c’est plus délicat, mais s’ils sont grands et à l’école, il suffit d’être un peu créatif. Plusieurs préfèrent passer du temps avec leurs enfants dès leur retour de l’école et de reprendre quelques heures après qu’ils soient au lit. C’est une option. D’autres concentreront leurs tâches répétitives et faciles ne demandant que peu de concentration lorsque les enfants sont de retour à la maison.

À vous de trouver le scénario qui convient à votre situation. Mais apprenez à protéger votre bulle de concentration de trop de perturbation.

Et ce n’est pas parce que vous travaillez de la maison que vous devez accepter toutes les offres de cafés de vos amis et de votre famille. N’oubliez pas, vous êtes au travail.

9) Sport et alimentation

Est-il utile encore aujourd’hui de répéter l’importance du sport et de l’alimentation? Malheureusement, oui!

Vous êtes travailleurs autonomes, vous avez fait le choix de la flexibilité et vous souhaitez ajouter à votre qualité de vie, il serait donc paradoxal de ne pas en profiter, non ? Vous devez percevoir votre statut de travailleur autonome comme une nouvelle liberté acquise; pas une prison à la maison. Alors, parmi vos pauses obligées de la journée, prévoyez une balade à pied, à vélo, en jogging.

Cela est d’autant plus important que votre statut de travailleur autonome peut dans bien des cas être synonyme de moins de déplacement à travers la ville et moins d’occasions de marcher dans une journée. Parsemez donc vos semaines de quelques périodes d’activités, cela fouettera votre vitalité.

Tiens, par exemple, en allant conduire vos enfants à l’école demain, pourquoi ne pas y aller en marchant. Vous pouvez même revenir à la course. Observez bien autour de vous, vous verrez qu’il y en a plusieurs qui ont adopté cet horaire.

Pour ce qui est des repas, c’est comme votre mère vous disait lorsque vous étiez jeune: n’oublie pas de déjeuner, mange varié, mange léger, ne mange pas devant l’écran. Ça vous rappelle des souvenirs. La médecine de maman est à prescrire.

Votre rendement quotidien, votre efficacité, votre niveau de concentration seront plus faciles avec un corps en santé, alerte, reposé et pas trop stressé. Ben manger et bouger dès qu’on peut.

10) s’habiller, fini le pyjama

Nous serons succincts. Iriez-vous travailler dans un bureau en pyjama ou attriqué n’importe comment? Aider votre concentration en vous renvoyant l’image que ce que vous faites est important. Oui, vous avez le luxe d’être habillé confortablement, très confortablement même, mais il sera toujours plus facile d’apprécier à long terme la valeur de votre travail, si vous soignez l’image que vous vous projetez à vous-même durant cette votre journée de travail. Un geste simple qui est la première étape de votre routine de travail… s’habiller.

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