Dans le billet précédent, nous avons dévoilé le portrait type des travailleurs autonomes au Québec. Nous n’y faisions pas de distinction sur la base du sexe; la différence entre le nombre de femmes et d’hommes parmi les répondants étant trop faible pour s’assurer d’une véritable représentativité. Il faudrait d’autres techniques d’échantillonnage pour pouvoir affirmer que l’un des deux sexes est plus représenté que l’autre, dans la population absolue des travailleurs autonomes.
Est-ce à dire par contre qu’il n’y a pas de différences entre les hommes et les femmes. Oh! que non! Le constat est même très brutal; les travailleurs autonomes femmes gagnent en moyenne nettement moins que les hommes. En fait, les hommes et les femmes semblent vivre des réalités de travailleurs autonomes radicalement différentes.
Dans notre sondage, nous avons demandé: « Quel a été votre revenu total des 12 derniers mois? » , en précisant de comptabiliser l’ensemble des revenus d’honoraires, salaires, rentes, pensions, investissement, etc. Les résultats du sondage nous révèlent un très grand écart entre les revenus des hommes et des femmes. En effet, les femmes se concentrent dans les plus petites plages salariales alors que les hommes se distribuent de manière plus régulière entre les différentes plages salariales. Si on s’attarde sur la valeur médiane de chaque sexe, on constate celle-ci dans la plage 55 000 $ – 65 000 $ chez les hommes, alors qu’elle se situe chez les femmes dans la plage 35 000 $ – 45 000 $. Plus précisément, la médiane du revenu des femmes se retrouve dans la portion inférieure de la catégorie salariale 35K-45K, tandis que pour les hommes, la médiane se retrouve environ au centre de la plage salariale 55K-65K. (Précision terminologique: la médiane correspond au point où une population est séparée en deux parts égales.)

La différence entre le revenu médian des hommes et des femmes pourrait donc être supérieure à 20 000$, comme si les femmes travailleurs autonomes ne faisaient en moyenne que 66% des revenus générés par les hommes travailleurs autonomes. Ce qui est considérable. Bien loin de la différence de 13% calculée par l’Institut de la statistique du Québec dans la rémunération des salariés au Québec.
Pourtant…
Est-ce que les portraits types des hommes et des femmes comportent un début d’explication à un tel écart? Il semble bien que non. Le tableau plus bas fait une comparaison des profils types. Bien que les femmes aient en moyenne moins d’années de pratique, cette différence ne peut expliquer en totalité l’écart dans la rémunération, d’autant que les femmes ont un niveau moyen de scolarité supérieur, ce qui devrait en toute logique faire une pression à la hausse. La justification ne peut être trouvée dans le profil type.
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PORTRAIT TYPE DU TRAVAILLEUR AUTONOME AU QUÉBEC |
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| Tous | Femme | Homme | |
| Universitaire | 65% | 68% | 61% |
| 35 ans et plus | 71% | 71% | 72% |
| en couple | 74% | 74% | 75% |
| Expérience dans sa spécialité depuis 10 ans et plus | 65% | 58% | 73% |
| T.A. depuis 4 ans ou plus | 64% | 63% | 66% |
Ce n’est pas non plus dans le nombre d’heures travaillées facturées qu’on pourra trouver la raison de cet écart. Au contraire, les femmes font en moyenne un nombre d’heures légèrement supérieur que les hommes.

Alors les hypothèses…
Comment peut-on expliquer un tel écart dans les revenus?
Par contre, 21% des femmes ont dit vouloir devenir travailleur autonome « Pour travailler de la maison ». Contrairement aux hommes qui indiquent cette préférence dans 6% des cas, seulement. Les contraintes et responsabilités familiales sont ici probablement parmi les raisons les plus importantes qui pourraient justifier ce choix.
À titre de comparaison, pour bien marquer le décalage dans les motivations qui ont conduit les répondants à devenir travailleurs autonomes, on notera que 9% des femmes ont donné comme réponse « Pour développer une entreprise », alors que cette même réponse est donnée par 17% des hommes.

Avez-vous des hypothèses à formuler? Si nos données nous le permettent, nous essaierons de les valider. Faites-nous part de vos expériences personnelles; elles permettront d’illustrer ce qui est peut-être la réalité de plusieurs autres. Nous reviendrons sur ces différences hommes-femmes tout au long de la publication des résultats. Nous ne sommes qu’au tout début de nos analyses.
Le statut de travailleur autonome est de plus en plus populaire chez les professionnels. Les conditions économiques des dernières décennies ainsi que l’apparition des nouvelles possibilités technologies en ont stimulé l’essor. Malgré tout, les conditions réelles des travailleurs autonomes restent obscures. Peu d’études ont pu être réalisées pour préciser, qui sont les travailleurs autonomes d’aujourd’hui, leurs situations réelles, comment ils s’organisent, leur revenu. Nous reste la plupart du temps qu’une perception floue construite sur des mythes et de généralisations.
Si ce statut constitue aujourd’hui une option de plus en plus fréquente dans le parcours professionnel, il est important d’avoir une image plus claire de ce qu’il représente.
C’est donc dans cet esprit que nous avons réalisé le sondage dont nous amorçons la publication des résultats: améliorer la compréhension de cette réalité partagée par une portion toujours plus grande de professionnels.
Notre sondage
L’enquête a été menée du 15 janvier au 28 février 2011. Les répondants proviennent d’un peu tous les horizons suite à l’information que nous avons fait circuler auprès des médias, d’associations et regroupements de professionnels, des réseaux sociaux, de nos utilisateurs, et bien évidemment du « bouche à oreille » naturel qui s’en est suivi. Le questionnaire n’était disponible qu’en ligne, et les répondants ne pouvaient répondre qu’une seule fois au questionnaire.
Le sondage était ouvert aux travailleurs autonomes du Québec seulement.
Nous avons eu 846 répondants, dont 679 ont complété l’ensemble des 40 questions. Compte tenu des questions très personnelles et de la longueur de ce questionnaire, ce taux de réponse dépasse largement nos objectifs. Ce nombre de répondants nous assure la meilleure des représentativités. À notre connaissance, jamais aucune enquête n’avait pu rejoindre autant de travailleurs autonomes.
Nous amorçons aujourd’hui la publication des résultats. Afin de nous donner le temps d’une bonne analyse, nous en étalerons la publication sur plusieurs semaines. Nous les regrouperons par thème. Parmi ceux-ci :
Et bien d’autres sujets, petits et grands, qui s’ajouteront au fil de nos billets et de vos commentaires.
Pour commencer… le portrait-type du travailleur autonome au Québec
Brisons tout de suite ce cliché que certains pourraient avoir en tête: oubliez tout de suite l’image du travailleur autonome représenté comme un jeune « jobeur » enfermé dans son sous-sol pour travailler. Peut-être l’avez-vous déjà entendu? Cette image est radicalement fausse. La réalité est toute autre.
Pour les fins de ce portrait, nous ne faisons pas de distinction entre les hommes et les femmes. Nous comptons parmi nos répondants 53% de femmes et 46% d’hommes. Une répartition assez équilibrée.
Les tableaux
Vous pouvez agrandir les tableaux en cliquant sur les images.
Suivrons au cours des prochains jours, les analyses plus approfondies par thème.
Grâce à notre participation comme partenaire, vous pourrez assister à la 10e édition de l’Intracom et profiter d’un rabais de 100$ sur le prix d’inscription.
L’événement se tiendra les 12 et 13 avril 2011, à l’Hotel Hyatt Regency au centre-ville de Montréal.
Cette édition est orientée sur les meilleures pratiques du Web. Parmi les thèmes:
Parmi les conférenciers, on compte cette la présence de Stéphanie Booth, spécialiste internationale de la culture numérique et des communications, pionnière des blogues en Suisse, formatrice et conférencière réputée, coworkeuse et travailleur autonome. Le titre de son intervention sera : Comment intégrer les médias sociaux à sa stratégie, au-delà du « hype ».
Comme à son habitude, Intracom met en valeur le volet pratique du Web. La majorité des interventions étant composé d’études de cas, l’expérience client et d’ateliers pratiques. Je vous invite à parcourir l’ensemble de la programmation pour apprécier la qualité de l’événement.
Lorsque vous vous inscrirez, vous pourrez bénéficierez d’une réduction de 100$ sur le prix régulier, en utilisant notre code de promotion. Écrivez-moi à ywilliams@agentsolo.com pour obtenir ce code, ou faites-en la demande auprès de notre service à la clientèle.

Au plaisir de vous y rencontrer!